10/08/2007
Je ne me rappelais plus ce que c'était une racine
les derniers événements : les derniers événements ;
la connerie et les cancers de la peau : se font de plus en plus assaillants et menacent les plus jeunes en cette période d’été. Plus que jamais tenez-vous à l’écart de tout risques de contamination : évitez les plages entre 12 et 16h, et les concentrations de populations au stade d’abrutissement avancé (boîtes de nuits et cap ferret fortement déconseillés)Voilà un bref résumé des nouvelles que mes deux lecteurs s’impatientait d’accueillir…
En ce qui concerne les vacances, chacun votera en conscience de ses choix et convictions politiques, mais à titre personnel, j’ai pu constater qu’elle favorisaient notablement la dégénérescence psychique, voire psychologique, je me prononcerai donc pour leur suppression. De fait, mon état psychologique -déjà inquiétant en la période pré-estivale, ainsi que peut en attester la lecture des dernières notes- s’est dégradé pour atteindre un stade avancé dans la névrose et la dépression. Mais alors, direz-vous, que fout-elle encore parmi la civilisation cette dangereuse folle ? Et bien, chers amis, c’est très simple. Il faut croire que de nos jours, les ravages les plus à craindre sont du côté de la société bien pensante, conventionnelle que du côté des hopitaux psychiatriques. Que représente une poignée de marginaux décentrés et neutralisés par la Science en comparaison de toute une horde de connards écervelés qui, tous les jours, de manière continue, envahissent les rues, changent le cours des choses dans la plus grande impunité ; et ce parce qu’ils constituent et agissent au nom de La Société, la Raison, le pouvoir écrasant de convertir tout mode de pensée à sa propre pensée : l’unique façon de concevoir le monde. Comme une secte qui érigerait sa doctrine en règle universelle et isolerait tout contrevenant. Soit… Qui de nous deux est le plus fou ? Le troisième.Parenthèse fermée)
Vacances léthargiques : sans raison, dans les cafés, avec les gens, chez moi, partout, je m’emmerde. Le thé à la fraise, les nuages roses du matin, la cigarette d’après déjeuner, les vacances loin de tout : plus rien, plus rien de tout ça ne me procure ne serait-ce qu’un semblant de bonheur. L’illusion d’un instant de joie. Rien, le vide : la nausée, l’apathie du corps, de l’âme, la sclérose des sentiments, le syndrome Roquentin, le vrai, l’indifférence absolue, cet « espèce d’écœurement douceâtre » Je l’ai ressenti si violemment ces derniers temps que j’y est conçu une nouvelle image de moi. Je suis une machine, articulée, aux fonctions multiples : je bois, je parle, je mange, je vois et toutes ces choses passent en moi sans effet, sans conséquence. Je vois, je ne pense rien. Je mange, je ne goûte ni ne déguste rien. Je parle, je ne dis rien. Tout est mécanique, insensible, impersonnel, mort. Je n’ai plus la force de penser ni pour moi, ni pour personne, de rendre compte, d’opiner… Je laisse les choses s’installer en moi, puis repartir, « je ne fixe rien, je laisse aller » Quelque fois, dans des occasions spéciales et de façon inespérée, je reviens à ma condition d’être d’esprit et de matière pour souffrir de ma condition de robot et mesurer l’étendue de ma misère. De moins en moins souvent. Si peu, que je ne peux presque plus voir à quel point je suis pathétique : je perçois de moins en moins, j’écris de moins en moins, de moins en moins décemment aussi.Oui, parce que, « quand on vit seul, on ne sait même plus ce que c’est que raconter : le vraisemblable disparaît en même temps que les amis. Les événements aussi, on les laisse couler ; on voit surgir brusquement des gens qui parlent et qui s’en vont, on plonge dans des histoires sans queue ni tête : on ferait un exécrable témoin .» Assez gémi Germaine ! Range ton mouchoir et pass’ moi l’beurre…
Prochainement, basée sur une étude sociologique des plus fiables, nous offrirons à nos lecteurs une note sur les cons : pourquoi et comment vivre avec. Vous avez un problème avec votre con ? Nous vous proposerons des solutions adaptées, et un mode d’emploi plus général adressé à l’ensemble de la communauté des pisses vinaigre.
… et bonnes vacances !
21:55 Publié dans l'Esprit-néant | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
06/05/2007
Parfois, quand on cotoie trop d'abrutis dans la journée, le soir, en se regardant dans la glace, on doute
Et tes parents, ils vivent toujours ? Oui. Ils ne se sont jamais quittés. Ils ont failli se séparer, une fois. Papa allait faire un voyage, enfin un tout petit voyage. Ils avaient pas assez d’argent pour s’acheter deux places. Maman l’a accompagné jusqu’à l’autocar et puis ils se sont regardés, elle depuis en bas, et lui depuis la fenêtre. Et au moment où l’autocar a démarré, Papa a descendu à toute vitesse, il voulait pas quitter ma mère. Mais pendant qu’il descendait par la porte de devant, elle, elle est montée par la porte de derrière. Elle voulait pas quitter mon père. Finalement Papa a renoncé à son voyage. Qu’est ce que tu faisais quand tu travaillais dans un ascenseur ? Oh rien, je regardais le visage des gens. Pourquoi toutes ces questions ? J’essaie de savoir qui t’es exactement Oh moi je suis très sentimentale, c’est tout. ‘Faut être rudement con pour trouver ça mystérieux.
En raison de la platitude des derniers événements, et de mon indifférence généralisée... je me suis trouvé dans l'incapacité d'écrire quoique ce soit de lisible depuis… . Merci pour l'effort de lecture en ce qui concerne cet essai.
La sclérose des sentiments. Sclérose, mon mot préféré. Sentiment... un mot.
Faute de pouvoir écrire publiquement, je me suis dit qu'il fallait que je pense quelque part malgré tout. Alors j'ai hésité, et finalement, en dépit de tout le mièvre et la niaiserie qu’il comporte, j’ai fait le choix, cornélien, d’écrire un journal ; et optionnellement de me faire vacciner contre la connerie.
« Un journal », rien que le nom annonce déjà tout un concept. Ecrire tous les jours. Rendre compte du factuel, l’événementiel. Espérer. Secrètement. La lecture de quelqu’un. Le jugement… L’appréciation… La simple considération du moins ?
Oui. Voilà. C’est ça : c’est exactement ce pourquoi je ne l’ai pas fait. J’ai écrit. Quelque chose d’indécryptable. Des pensées, pour les enfermer quelque part. Surtout éviter le décoratif, l’ornement littéraire : la rédaction, la trahison de l’idée particulière et individuelle par le nom commun, le général du mot. Des notes, du synthétique, non pas du synthétique… de la liberté d’interprétation. « Minimum » est le maître-mot parce qu’il favorise la sincérité du sentiment au détriment de l’inutile de la parole. Style épuré, fin, essentiellement essentiel.
Bannir le « je », la niaiserie et l’épanchement personnel : dès qu’il est prisonnier du mot, le sentiment n’est plus, il devient la proie des interprétations de merde et se heurte à l’incompréhension. Merci donc par avance de respecter le délicat silence originel pour un monde pacifié… En d’autres termes, il serait souhaitable que chacun se la ferme, s’épanche tout seul, plutôt qu’en public et évite autant que possible, les platitudes récurrentes des conversations.
Méthodiquement organisée et pragmatique, ma déchéance atteindra bientôt sa fin. Le processus lentement amorti, a fini par se stabiliser à bonne vitesse, et d’ici quelques mois, j’espère être redevenue totalement aigrie pour rappeler aux autres cons joyeux qu’il existe bien une partie de l’humanité dont le but est de faire chier leur majorité. A trop croire qu’il peut y avoir un avenir meilleur, on devient peu à peu sociable, optimiste, confiant… Or, l’Autre est toujours faillible.
Cette distance qu’inspire mon naturel antipathique constituait une protection absolument indispensable à mon indépendance face à l’Autre, je m’arrangeais toujours pour ne pas aimer à égalité. Si trahison il devait y avoir, elle ne m’affecterait donc pas. J’étais peut-être très calculatrice… mais j’étais sauve. Aujourd’hui, je suis probablement plus humanisée… mais vulnérable et tributaire de leur attention, amitié et autre connerie… Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien de tout ca, parce qu’il n’y a pas de constance ni de patience éternelle, parce que tout évolue, surtout les sentiments, les niaiseries individuelles.
Chapitre suivant : Désespoir
Chapitre suivant : Liberté
Chapitre suivant : Amertume
…Moi aussi Marianne… moi aussi Marianne… moi aussi Marianne
11:10 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
06/01/2007
Make up my mind
En ce début d'année, trouver un sujet fédérateur, susceptible de provoquer une réflexion en chacun de nous, me semblait une priorité afin d'aider individuellement mes fidèles à prendre leurs résolutions en fonction de cette nouvelle orientation.
C'est pourquoi j'ai décider de débattre, seule, et ce après une longue période d'hésitation, de notre capacité à feindre différents personnages selon la personne à laquelle nous sommes confrontés; oui, car il s'agit bien de confrontation dès lors que la situation implique un autre que soit, un autre "enfer", inconnu et inexploré, celui que nous n'avons pas encore apprivoisé, car étranger. Je ne vous cache pas que j'ai du faire le choix de ce thème alors même que s'offrait à moi la possibilité de disserter sur des sujets aussi riches et éclectiques que les serpentins, les fêtes de fin d'année, les chocolats de Noël, la connerie de nos proches que le lien familial nous condamne à supporter ou celle de nos amis que la diplomatie nous oblige à taire... Ceci dit, après plusieurs lectures, discussions et plus encore de nuits passée à me torturer l'esprit, je me suis colleter à la difficulté, et me voila lancée...
Alain aime mon humour, Jean mes discussions métaphysiques, Paul me préfère mystèrieuse et Antoine est fasciné par ce que j'ai d'androgyne...
Moi, Mlle. X; par lacheté, par névrose, parce que je n'assume rien de Mlle. X, par peur de désinteresser, ou autre; je joue chaque rôle consciencieusement et minutieusement, chaque minute, chaque réplique, savamment pesée avant d'apparaitre à l'interlocuteur, soigneusement étudiée afin de produire l'effet qui charmera... Moi, Mlle X, je joue si bien que je finis par être toute sorte de personnalité, si bien que je suis submergée de personnalités, et si mal que je ne dicerne plus le "je" initial et constitutif de Mlle X. Je suis dépassée, je suis Mlle. X d'Alain, Mlle. X de Jean, Mlle. X de Paul ou d'Antoine, mais plus Mlle. X. Tu parles d'un drame...Moi, Mlle. X, je manque cruellement d'assurance, et m'applique à être scrupuleusement ce que les gens attendent de moi... autant que possible... Froide, plus que je ne le suis, insensible, beaucoup plus que ce que je devrais être, et volontairement désagréable parce que c'est encore ce que j'ai trouvé de mieux pour éviter l'attachement et demeurer satellite.Moi, Mlle. X, originellement distante, je deviens glaçon. Je joue à me paumer toute seule dans l'immensité de mon incommensurable connerie, et j'y parviens magistralement. Rien ne transparaît, je fabrique un personnage pour Alain, un autre pour untel, un autre, encore un... Plus ou moins muette, plus ou moins froide, plus ou moins cynique, plus ou moins comme ci ou comme ca, plus ou moins mon idéal.
Moi, Mlle. X, j'ai mauvaise mémoire, j'oublie mon texte, et parfois, je faillis à mon personnage. Je sais pas toujours comment Mlle. X d'Alain devrait réagir puisque je ne suis pas véritablement cette Mlle. X, et puis je peux pas jouer tout le temps, ca m'étouffe, alors j'arrête la représentation, on coupe... En fait, je sais que c'est probablement la situation qui implose d'elle-même, que quelque chose fondamentalement est faux, que rien ne peut se bâtir sur du rien... Ca flotte dans ma conscience, quelque part, je le devine vaguement. Je ne me l'avoue pas. Or tout ce qui n'est pas dit, n'est pas. Alors ca reste du domaine du non-existant. Alors, alors... Alors, je suis pas assez indifférente pour jouer l'indifférence jusqu'à la fin, alors, je sauve ce qui me reste de dignité en quittant la scène avant qu'ils ne se rendent compte que je suis autre, avant de les décevoir, avant que l'illusion théâtrale ne se dissipe.Pourtant, tant que je suis sous les éclairages je continue, tant que le public me porte, ca va... D'ailleurs, tant que je suis soutenue je peux pas faire autrement, je peux pas décevoir, ce serait trop con. N'empêche qu'Alain et ses copains, ils y voient que du feu... 'sont cons ces gens...
Bref, ya toujours un moment d'indécision, un moment dans la pièce où je redeviens lucide... ce temps où l'on change de regard, où on pense si fort que c'est presque perceptible. Le moment de flottement où on est plus assez dans le personnage pour jouer, mais pas non plus soi-même. Je sais pas, plus en mesure de continuer, mais pas non plus assez courageuse pour me montrer moi, la vraie Mlle. X. Puis de toute façon c'est trop tard, je peux pas, je serais ridicule... "Rien de plus sale que l'amour propre"... Je suis dépassée par la situation, je réalise le pathétique de tout ca brutalement, je suis étonnée, effayée par ce que je fais. Alors je laisse tout en l'état, j'abandonne, je me casse comme ca, insensée, completement à côté de mes pompes, et voilà, c'est la fin, ya pas de fin.
Je sais pas si c'est vraiment mentir que de souffrir du syndrôme de skyzophrénie sans être, stricto sensus, un cas psychiatrique. Mais admettons. Donc je mens. On mentirait, par dignité, parce qu'on craint la vérité pure, on la recherche toujours, c'est devenu un objet de crainte, on ne sait pas à quoi s'attendre, et puis on ne peut pas se montrer nu, alors on s'habille, on se fait plusieurs costumes, un pour chaque personne, et puis c'est aussi l'occasion de se préserver: j'aurais toujours quelque chose à cacher, je ne pourrais jamais être totalement trahie... En fait, pour mentir de cette façon, deux névroses sont requises: un manque d'assurance important et une paranoïa somme toute banale.Vous êtes possesseur de ces deux atouts? Félicitations! Vous êtes en mesure d'échapper à votre vie pourrie afin d'entammer une série de relations absurdes qui ne mèneront nulle part!
Moi, Mlle. X, je me déguise, je prends la vie de plein de personnages, maladroitement, approximativement, ou plus justement, je me contente de leurs apparences, parce que en réalité Mlle. X ne veut pas crever, mais il est déjà trop tard pour qu'elle revive... elle existe, tout au plus, à travers ses personnages, enfermée à l'intèrieur. On peut dire que je vis à côté de mes pompes, ou quelque chose dans ce registre (le lecteur sort son mouchoir et pleure)
Tout le monde s'appelle Mlle X, plus ou moins, selon la fréquence de vos consultations psychiatriques... Il y a un peu de ça dans toute relation sociale, ca fait partie d'un grand tout...
Quant au mois de Mars, je le dis sans aucune arrière pensée politique, mais ca m'étonnerait qu'il passe l'hiver...
15:37 Publié dans Flânerie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

























